Le marathon de l'Hortus de Jean-Christophe vécu de l'intérieur !!

Il y a trois mois en arrière, je décide de me lancer sur le marathon de l'Hortus, une première pour moi sur ce type de distance 44 kilomètres et 1800 m de d+. Suite au décès de mon grand-père, gravement malade, cette course prenait pour moi une tournure toute particulière : c’est lui qui m’a réellement poussé et accompagné dans le sport, notamment le vélo, alors que j’étais adolescent. Le pic était pour lui un endroit où il aimait venir se ressourcer s'entraîner avec son vélo. En course à pied il avait fait les 100 km de Millau, plusieurs fois Marvejols Mende : un vrai sportif !. Je demande donc à Sylvain de me faire un plan pour faire cette course que je démarre dès la fin août pour mener à bien ce périple. Le plan se déroule parfaitement ; pas de blessure tout au long de ces séances mais j’ai réalisé combien il était compliqué de s’entrainer sérieusement avec les contraintes du quotidien : j'ai même dû poser des jours de congés pour faire des sorties longues en semaine à la Suque car je devais travailler le week-end. Lors de mes sorties, j'effectue plusieurs essais sur la nutrition (chose assez nouvelle pour moi) avec des gels. J'ai opté pour des barres de pâtes d'amande et quelques carrés de chocolat salé pour éviter les crampes (merci Davy pour le tuyau). Me voici le jour de la course, j'arrive comme à mon habitude 1h à l'avance : c'est un rituel. Je m'aligne sous l'arche de départ et je retrouve des copains qui sont sur le relais. 8h le départ est donné. Nous prenons une première ascension dès le départ. Le rythme reste très correct entre 13 et 14 km/h. Je me trouve devant, avec aisance, accompagné par 5 coureurs. Nous arrivons aux embruscales. L'organisation nous a fait faire une première variante au tracé initial tellement les pentes étaient ruisselantes. Nous arrivons rapidement sur le goudron pour remonter sur le lac de Claret, il y a des passages dans les monotraces remplis d'eau ; j'ai les godasses trempes avec un bruit de pompe trouée qui m'accompagnera pendant une bonne partie de la course. Les montées descentes s'enchainent ; tout va bien. Passage au ravito de Lauret : grosse ambiance, je ne m'arrête pas ; mes flasques sont à moitié pleines encore. Côté alimentation, je grignote mes barres toute les 20 minutes environ, suivies d'un petit carreau de chocolat, une fois sur deux.

Sortie de Lauret après un kilomètre de goudron à un bon rythme, nous entrons sur des monotraces qui empruntent une partie de la course du roc des mate. Valflaunes se profile sur les hauteurs dans notre champ vision.

Après deux passages difficiles, l'organisation ne nous a pas épargné ; ce que je craignais arriva : le passage le long de la vigne avant d'arriver à Valflaunes n'avait pas été contourné : il y avait de la boue de partout, des flaques....

Nous arrivons groupés à 4 à Valflaunes. Je remplis mes deux flasques (et oui pas d'assistance : ma femme qui devait me retrouver à Valflaunès à eux un problème de voiture ; pas grave, j'ai mes deux copains Stéphan et Laurent qui m'encouragent. Depuis le premier ravito, le moral est bon, les voyants sont au vert. Je retrouve rapidement les 2 coureurs, l'autre a pris plus de temps au ravito. Nous voici tous les 3 dans l'enfer de l’Hortus : le monotrace qui monte sur les cailloux est vraiment glissant . Il y a du brouillard, les pierres et les chemins sont vraiment très accidentés et très vite nous nous trouvons au passage cheminée, avec son pierrier ; je perds du temps j'ai un peu peur de tomber et je dois constater que mes deux collègues de balade sont plus à l’aise et qu’ils prennent de l'avance. Mais JC n’a pas dit son dernier mot ! j'arrive plus loin, avant le ravito, à remonter sur l'un d'entre eux. L'autre, je ne le reverrai qu’à l'arrivée. Nous arrivons à deux sur le côté face Nord du Pic. Je me retrouve seul en 2ième position. Le coureur de derrière ne peut pas suivre. J'arrive à relancer dans les chemins et me surprends moi-même (je prends conscience que les entraînements un peu rudes ont payé) ; j'arrive à Cazeveille, je remplis une flasque et retrouve Steph et Lolo qui m'encouragent une dernière fois ; je puise au fond de moi-même pour cette dernière ascension du pic : un coureur me double, pas d'affolement, le sommet n’est pas loin et j'arrive à la descente qui sans surprise est immonde avec les cailloux recouverts de boue à cause des nombreuses courses qui sont passées par là : je vous laisse imaginer… J’arrive à descendre rapidement et même… à prendre de la vitesse dans la dernière partie (modérément j'ai les jambes en feu LOL) ! Enfin le goudron est là et la descente vers la ligne d’arrivée qui va avec ! J'entends déjà le speaker sous l'arche qui commente, je me dit « un dernier petit effort JC », j'entends ma femme et les collègues au loin qui m’encouragent, ça fait du bien :

Je passe la ligne et pense à mon grand-père... Place au repos maintenant avec une foule de souvenirs dans la tête de cette balade pluvieuse mais heureuse sur nos chemins du Pic.


JC

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