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6000D, depuis de long mois, c’était dans la tête

Montée :

Depuis de longues années, j’étais attirée par cette montagne. La 6000D de la Plagne est une course mythique, et ses 65 Kms pour 3500m de D+ constituent un véritable challenge pour tout traileur.


J’ai bien analysé mes points forts et mes faiblesses, et c’est évident : En descente, je rame !

En revanche, en réfléchissant bien, Cédric est le virtuose de la descente. C’est décidé je le ferai avec lui, chacun sa partie.

Je lui en parle, j’insiste un peu et nous voilà embarqué dans ce défi.

Juin 2019 : La saison se termine gentiment. Et c’est l’occasion pour moi, de finir ma prépa avec le trail de Nasbinal (57km et 2000D+). A la sortie de cette course, je me dis que le long « cela n’est pas fait pour moi ».


Passé le moment de la déception du temps que j’ai réalisé, j’analyse froidement ou j’ai merd…. Et je me remotive.

Et croyait moi que s’entrainer au mois de juillet, sans succomber à l’appel des grillades et du rosé bien frais, c’est dur.

Juillet passe et je me sens prêt.

Nous décidons avec Cédric de partir 3 jours plus tôt pour gérer au mieux l’altitude, en fonction de nos contraintes professionnelles.


Arrivé sur la Plagne, le cadre est magnifique et attendre jusqu'à dimanche cela va être long. Les jours passent avec nos repas à base de féculents, et nos petites randos.


Dimanche 28 Aout :

1h du matin, je me lève pour mon dernier repas avant course. Le mélange excitation / stress m’empêche de me rendormir. Donc, j’attends.

4h debout. Je vérifie une dernière fois mes équipements et Christelle me descend dans la vallée, pour le départ à 5h.



La ligne de départ est impressionnante, 2000 traileurs aussi fou que moi. Le compte à rebours me donne des frissons. 5. 4. 3. 2. 1. C’est parti.

Je pars tranquille au milieu du peloton, j’avais toujours tendance à partir trop vite. Tu vois Fabrice je t’écoute ;-).

Nous attaquons la montée, parce que la vallée à 600m d’altitude, c’est bien, mais le glacier se trouve à 3000m !!

Le cordon des lampes frontales s’étire dans la montagne, c’est magnifique. Nous approchons du premier village et les cloches que portent les vaches résonnent. L’ambiance alpine est bien là.

Je monte tranquillement et je profite des faux plats montant pour relancer. Laurent W m’a bien dit « c’est pas de la rando ».

6h30, la pluie fait son apparition et elle ne nous quittera plus. Content d’avoir fait la pastourelle, cela me fait une belle expérience.

Ça approche… La piste de bobsleigh est là et nous la remontons dans une superbe ambiance.

Ma chérie m’attend. Une petite vidéo clin d’œil pour le groupe whatsapp qui permet à mes potos de suivre l’aventure en live.



Le ravito approche 20 km et 1400 D+ déjà. J’ai une pêche d’enfer. Mon assistance me donne des habits secs et c’est reparti. J’en profite pour appeler Cédric. « Tu vas te régaler, il me reste 12 km et 1300d+. J’arrive ».


Les kilomètres passent sans problème, mais le froid et la pluie deviennent pénible. Passage à la roche de Mio (2700m d’altitude). Des bénévoles nous rassurent en disant qu’en basculant de l’autre coté du col, nous serons à l’abris du vent.


Le glacier est là avec son dernier mur. Laurent W m’a bien dit que j’allais comprendre le sens du mot « montée », arrivé au glacier. Mon Lolo Boudon m’a dit qu’il a vu des vidéos et c’est chaud.


Et bien vous savez quoi ? C’est vrai !!

On avance doucement sur cette pente à 3000m d’altitude. J’ai les doigts gelés, il fait zéro degré. Il pleut et autour de moi beaucoup de gens en difficulté. La pluie n’arrange rien. Mais je gère tranquillement, je sais que c’est la fin. J’arrive au sommet dans le brouillard heureux comme un gamin. Je retrouve mon Cédric et lui passe le relais.


32, 8 km / 2700 d+ en 6h15 je suis content d’autant que les conditions météo ne nous était pas favorable.



La descente :

En ayant la descente à faire, l’un des avantages est que je peux faire une "Grasse matinée" et faire un déjeuner à une heure normale...


Je me réveille tout de même à un moment de la nuit... 5h11... je n ai pas entendu Philippe se lever, mais il est déjà en train de gravir la montagne!!! Allez mon philou! Je gère la matinée, finalise mon paquetage et nous prenons (nos petites familles nous suivent) la direction du glacier avec les "œufs".


La météo n’est pas avec nous. C’est un jour blanc. On monte dans le brouillard, il pleut et il fait froid.


Arrivés en haut (dans les 3100m) paysage apocalyptique... les coureurs arrivent glacés complètement trempés et tremblant fortement. Plus de 400 abandons. Un organisateur, près de nous, énonce à un collègue les numéros de dossard concernés par talkies-walkies. Bref, ce n’est pas une partir de plaisir et je redoute l’arrivée de Philippe... puis a un peu plus de 11h, le voilà qui arrive ma fois plutôt frais par rapport aux autres... il a la pêche le type. Son état me booste et me donne encore plus envie de dévaler jusqu'en bas de la vallée....


3000 de d- m attendent (effaçant les tout de même 600 de d+...). Photo souvenir et je me lance dans le brouillard. Je me régale à descendre sur 8km avant d entamer ma partie de montée pour aller au col de l'arpette. Ca pique mais je gère au mieux... Redescente jusqu'à bellecôte... 14 bornes de fait... ravito. Le temps est plus clément. Arrêt au standard changement de tenue et c est reparti...


J’enchaine sur les dix bornes suivantes moins cassantes, mais je sens que mes quadriceps commencent à tirer...

km 24 dernier ravito... l'assistance toujours là au top... ça fait du bien de les voir... je commence a être fatigué... Un panneau m’annonce encore 10 km... ça va être long...j en suis a 3h45 d’effort et je ne me vois pas arriver en moins de 5h15... ça va être long cette histoire!!


Km27 : Je commence a avoir une douleur au rein gauche m’empêchant de respirer convenablement. Je m’essouffle et ralentis l’allure... ça devient une vrai galère je

m’accroche, marche beaucoup... Je vois Philippe qui est venu à ma rencontre et on finira tant bien que mal les 4 derniers kilos... une vrai épave!!


Petit tour dans Aime et je passe la ligne en un peu plus de 5h.... passé un moment de récup, les bons moments de la course me reviennent déjà. . C’est bon signe... j'en profite pour "remercier" Philippe pour m’avoir entraîné dans cette aventure!! Dur, mais vraiment top.. Bref, des sentiments comme on les aime. 3000m à descendre, c’est pas un cadeau, mais dans cet environnement ça devient un privilège !


On notera la perf stratosphérique de Laurent Wagenheim en 8h16 et un très belle 107ème place pour 65km. Ça sent bon pour l’UTMB.


Philippe et Cédric.






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