Chronique Philoute -100 Km de Millau/championnat de France 10 Km

Chronique Philoute,


En cette période post-estivale, voire automnale, outre la rentrée des classes, cela correspond également à des rendez-vous sportifs un peu hors-normes en matière de course à pied, je veux parler, entre autres, des "100 km de Millau"...


S'il existe un course dure, exigeante, faisant appel à des qualités physiques et mentales exceptionnelles, c'est bien cette chevauchée solitaire à travers le parc naturel des grands causses. Les "cent-bornards" sont à la course à pied ce que la Joconde est à la peinture, une exception, une catégorie à part, un mythe, une sorte de Graal à atteindre, bref, un mystère pour le commun des mortels que je suis !

Thierry ayant décidé de tenter l'aventure après une préparation estivale pour le moins minutieuse, je l'ai suivi sur son périple, accompagné pour l'occasion par Gilles, le régional de l'étape et Valérie, la cheftaine de l'intendance...


Le départ étant donné à 10 H, nous avons retrouvé Thierry et Alain (son suiveur, ravitailleur, chronométreur, régulateur, encourageur, consolateur, en vélo) à Millau, à l'issue de la première boucle, au 42ème km, à 13 H 42, comme prévu sur les temps de passage.

Au ravitaillement, situé dans un parc, les coureurs arrivent dans une ambiance digne d'un 14 juillet à Ushuaïa, J'ai dénombré au moins 7 spectateurs répartis de chaque côté des barrières, speaker compris !!! Va falloir retravailler la communication pour dynamiser tout ça...



La course se poursuit, Thierry, bien dans son allure, régulier, aux alentours de 12 km/h, on le retrouve à St Rome de Cernon, puis à St Afrique où l'on fait la connaissance de nos amis bègues et aboyeurs, affecté à la sécurité, puis retour à St Rome, là, on sent que ça rentre un peu dans le dur, la fatigue se lit sur les traits du visage, ça peut après 70 bornes dans les cannes, mais les temps de passage sont toujours respectés.


On décide de retourner sur Millau et d'accompagner Thierry et Alain sur le dernier kilomètre. On se pose à un rond-point, parmi l'immense foule (lol), et on attend le passage des coureurs qui en terminent après 8 heures de course approximativement (Je sais, Lolo et Steph, pour vous, c'est peanuts comparés à vos 35 heures d'effort lors de l'UTMB !).

On voit débouler la première féminine (une machine), qui sera classée 9ème au scratch, il faut dire qu'elle a été championne d'Europe et du Monde sur la distance, les machos n'ont qu'à bien se tenir...


On voit arriver un coureur, petite foulée, c'est le vingtième au classement, Thierry ne devrait pas tarder, vu ses temps de passage, en effet, peu de temps après, il se pointe, accompagné de son fidèle serviteur, on leur emboîte le pas et on suggère à Thierry, s'il en a la force, de revenir sur le coureur qui le précède, histoire de rentrer dans le top 20 !

Et c'est là que ça devient croustillant : Thierry accélère gentiment, l'écart le séparant du 20ème diminue, et au moment de le dépasser, une femme en VTT faisant partie du staff de ce coureur fait un écart et l'entraîne dans une chute spectaculaire !!!



La peur nous envahit de le voir, étendu au sol, après 9 heures d'effort, à 800 m de l'arrivée et de penser qu'il n'aura pas la force de se relever, mais pensez-donc, il est costaud le gaillard, il se remet debout, le genou en sang, et de repartir de plus belle pour "avaler" celui qui le précède. Reste plus que la dernière ligne droite dans le parc, sauf que l'autre teigneux, il devait savoir qu'il perdait sa 20ème place et il s'accroche aux baskets de Thierry, qui, dans une dernière accélération digne de Bekele, ruine tous ses espoirs !

Et voilà comment Thierry, après une course parfaitement maîtrisée, finit vingtième des 100 km de Millau, d'accord, il est ruiné, lessivé, courbaturé, asséché, le cerveau mal irrigué, mais de douces palpations émises par des masseuses expertes lui redonneront force et vigueur !!!

Alors félicitation Thierry, champion (euh, non c'est le tennisman, ça) !




Et puisqu'on est dans dans l'insolite, enchaînons avec les championnats de France du 10 km qui se sont déroulés ce dimanche à Canet-en-Roussillon et qui voyaient la participation de trois membres du CRC et d'un ex : Corinne Gayraud, Nathalie Bouët, Alain Rave et moi-même.

Cette charmante station balnéaire accueillait donc la crème des coureurs de l'hexagone avec une météo des plus clémente. Arrivés samedi après-midi, installés dans un charmant petit hôtel à deux-pas du départ (merci Coco), nous nous dirigeons vers le "village" pour nous imprégner de l'ambiance et retirer nos dossards. A chaque croisement de rue, je vois des coureurs, en tenue, en petite foulée, qui m'ont l'air bien affûtés, z'ont pas fait des kilomètres pour la farniente, je sens que ça va envoyer du lourd demain...


On repère une brasserie italienne, réserve une table puis on retrouve Alain accompagné de Sandy, sa fille, photographe pour l'occasion. On se promène un peu le long de la mer en s'arrêtant tous les 20 m, à chaque fois que Coco rencontre une connaissance !

Après un bref retour à l'hôtel, on se dirige vers notre lieu de restauration qui nous réservera bien des surprises...

Bon, déjà, la table a été réservée au nom de Corinne, le patron ne la retrouve pas, qu'à cela ne tienne, il y en a une réservée au nom d'Isabelle, il nous dit de nous installer, oui, mais, si Isabelle arrive ?


Cela fait vingt minutes qu'on tape la discute à table sans que personne ne vienne prendre notre commande , on voit un type, l'air hagard, muni d'un petit carnet tournant en rond, on lui dit qu'on a fait notre choix, il nous répond en disant : mais, il fallait m'appeler !

ça commence bien, les verres sont dépareillés, il en manque deux qu'ils apportent pas lavés, le temps passe, la faim se creuse, on croise le serveur faisant le tour des tables, deux pizzas à bout de bras, ne sachant pas où les poser, retournant finalement en cuisine demander à son "boss" qui les avait commandé... M'est avis que les clients, ils ont dû les manger froides les pizzas !!!



Au bout d'une heure d'attente, on nous apporte la commande, la délivrance, enfin, pas pour tout le monde car Coco avait commandé des linguinis sauce tomate et on lui sert des penes baignant dans le parmesan !

Retour en cuisine, discussion tendue, on nous dit qu'il n'y a plus de liguinis et, comble d'ironie, 5 mn après, on voit notre serveur neuneu avec deux assiettes de linguinis dans les paluches, Coco perd patience, harangue le patron qui lui dit qu'ils ont retrouvé des linguinis, comme par miracle et qu'il veut bien changer l'assiette mais qu'il faut patienter vingt minutes de plus...

Pendant qu'on se nourrit (y'a pas d'autre mot), on voit des clients arriver, attendre 1/2 heure puis repartir, sans avoir becqueté, le patron a même conseillé à des clients de ne pas commander de dessert car l'attente serait trop longue, ça c'est ce qu'on appelle avoir le sens du commerce !!!

Le temps de finir nos assiettes et de jeter un œil sur les avis concernant cet établissement et on a compris qu'ils sont aussi compétents en cuisine que Nabila en littérature. Allez, retour à l'hôtel pour une une bonne nuit réparatrice, en espérant que l'on va éviter l'intoxication alimentaire !!!


Dimanche matin, debout 6 H 45, je me prépare discrètement pour éviter de réveiller le reste de la troupe et je descend retrouver Alain pour un échauffement à la fraîche. On retrouve Gilles et Valérie venus nous encourager et l'on se rend sur la ligne pour un départ prévu  à   8 H 30.

Et c'est parti, vite, très vite, et pourtant on était fond de grille, j'ai tenté de suivre Alain et j'ai tenu, allez, 653 m, puis je me suis calé à mon allure. C'est assez troublant de courir, entouré de V3 et de V4, de consulter sa montre qui indique 3.58 au KM !!! ça c'est du senior de compétition...



Première boucle de 5 km aux alentours de 21 mn, sous les applaudissements nourris de nos supporters, merci à eux, et j'entame le deuxième tour en tentant de m'extirper des V3 et d'intégrer les V2. Je parviens à maintenir mon rythme au prix d'un cardio oscillant aux alentours de 174 ( A mon âge, c'est pas raisonnable !) et dépasser des concurrents motivés, malgré une baisse de régime au 7ème km, je m'accroche et finis au sprint après une longue ligne droite, dans un temps très médiocre de 40.44 mn (temps réel 40.22 mn, c'est pour toi Sylvain !)


Au final, Alain termine aux alentours de 38 mn, belle perf pour une prépa marathon, à la 380ème place au scratch et moi, 500ème sur 650 concurrents au départ, c'est vous dire le niveau les amis, quand on sait que le premier V2 finit en 32.32 mn !!! Et comme je porte ma croix, le premier V4 termine devant moi , à une poignée de secondes !!! Va falloir aller au mastic...


Le temps de se ravitailler et le départ des filles est donné, on encourage Coco qui, après une pause salvatrice d'une trentaine de secondes, repartira avec l'énergie qu'on lui connaît pour finir à la 178 place en 41.55 mn. Quand à Nath, elle assurera sa course dans un temps de 43.29 mn, finissant à la 253ème place sur, environ, 700 concurrentes, malgré une migraine persistante, bravo à toutes les deux les filles !

Et pour le plaisir des yeux, nous avons regardé la course des élites et là, ça bombarde : 28.12 chez les hommes et 33.30 chez les femmes.


Je tiens à remercier Gérald, Gilles, Valérie, Sandrine et son mari, venus nous encourager et toues celles et ceux qui nous ont adressé des messages d'encouragement pour cette belle aventure, qui en appelle d'autres !



A propos, j'aimerais "monter" une équipe de coureurs intéressés pour disputer le championnat de France du semi-marathon qui a lieu fin mai, aux Sables d'Olonne, en on reparle...


Merci d'avoir eu la patience de me lire et vous pouvez, à présent, reprendre le cours normal de vos activités (lol) !


Et n'oubliez pas : Le plaisir de la progression, la progression du plaisir...


Sportivement et amicalement,

Philou,

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